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    14Mar2013
    Le déplacement de François Hollande en Bourgogne : une bonne idée mal orchestrée

    VSC

    Passer deux jours dans une région n’est pas une nouveauté pour un Président de la République. De Gaulle l’avait fait. Chirac aussi en début de mandat. Des ministres l’ont fait aussi. Le premier d’entre eux a été Jean-Pierre Raffarin, ministre des PME du Commerce et de l’Artisanat.

    C’est une opération efficace et nécessaire pour garder le contact avec la population. La présence en région est importante pour les acteurs locaux, pour les Français. Le temps de l’écoute est salutaire pour le Président et ses collaborateurs. De ce point de vue l’exercice est réussi.

    Par ailleurs, il le fait à un moment intéressant car il a eu une séquence internationale longue ; il fallait revenir sur la politique intérieure, sur les préoccupations des Français pour regagner en proximité. Durant ce déplacement, il s’est exprimé sur de nombreux sujets et pas uniquement sur des sujets du quotidien. En effet, il a prononcé au moins deux discours de portée générale, importants et qui marqueront un tournant politique. Pourtant, personne ne les a entendus. J’en veux pour preuve la presse de ce matin qui les « oublie ». Autant, le discours sur la ruralité est en adéquation avec la scénarisation, autant certains sujets auraient mérité un contexte différent et plus solennel pour être audibles du plus grand nombre.

    S’il est vrai que la « décentralisation » des prises de parole présidentielles convient bien à un Président « normal », réussir ce type d’exercice nécessite de remplir plusieurs conditions :

    • 1.Tout d’abord, il faut s’assurer de la maîtrise de l’agenda médiatique. Tant qu’à faire ce type d’opération, encore faut-il qu’on en parle, que les media fassent vivre l’événement comme une actualité. De ce point de vue, le déplacement à Dijon est un échec. A trop vouloir se positionner en anti-Sarkozy, le Président banalise ses sorties et oublie de donner du relief à son personnage public. Il n’a pas réussi à « créer l’événement ». Les media n’ont pas focalisé leur attention et donc celle des Français.
    • 2.Ensuite pour réussir une telle opération, il faut la préparer et préparer les Français à recevoir un message pour donner toute sa puissance à ce déplacement. Cela ne semble avoir été suffisamment préparé. Il a manqué un « teasing » autour de ce déplacement à la fois auprès des journalistes, mais aussi des Français. Par ailleurs, à l’heure des media instantanés (chaîne d’information continue, internet, twitter), le « off » du déplacement compte autant que le « on ». Les mesures du service de sécurité à l’encontre d’un militant d’extrême gauche ont été du coup autant médiatisées que les annonces du Président !
    • 3.Enfin, il n’a pas eu de chance. Et il en faut un peu, même quand on est Président de la République. Il semble décidément avoir un sérieux problème avec les conditions climatiques ; c’est la Neige qui cette fois lui a volé la vedette médiatique.

    Quoiqu’il en soit, ce type d’opération ne peut avoir des effets positifs que dans la durée et la répétition. Il faudra donc renouveler l’exercice durant les quatre prochaines années du mandat. Mais en attendant, il conviendra de veiller à ce que la normalisation de la fonction ne se transforme en banalisation de la communication.

    14Mar2013
    Le déplacement de François Hollande en Bourgogne : une bonne idée mal orchestrée

    VSC

    Passer deux jours dans une région n’est pas une nouveauté pour un Président de la République. De Gaulle l’avait fait. Chirac aussi en début de mandat. Des ministres l’ont fait aussi. Le premier d’entre eux a été Jean-Pierre Raffarin, ministre des PME du Commerce et de l’Artisanat.

    C’est une opération efficace et nécessaire pour garder le contact avec la population. La présence en région est importante pour les acteurs locaux, pour les Français. Le temps de l’écoute est salutaire pour le Président et ses collaborateurs. De ce point de vue l’exercice est réussi.

    Par ailleurs, il le fait à un moment intéressant car il a eu une séquence internationale longue ; il fallait revenir sur la politique intérieure, sur les préoccupations des Français pour regagner en proximité. Durant ce déplacement, il s’est exprimé sur de nombreux sujets et pas uniquement sur des sujets du quotidien. En effet, il a prononcé au moins deux discours de portée générale, importants et qui marqueront un tournant politique. Pourtant, personne ne les a entendus. J’en veux pour preuve la presse de ce matin qui les « oublie ». Autant, le discours sur la ruralité est en adéquation avec la scénarisation, autant certains sujets auraient mérité un contexte différent et plus solennel pour être audibles du plus grand nombre.

    S’il est vrai que la « décentralisation » des prises de parole présidentielles convient bien à un Président « normal », réussir ce type d’exercice nécessite de remplir plusieurs conditions :

    • 1.Tout d’abord, il faut s’assurer de la maîtrise de l’agenda médiatique. Tant qu’à faire ce type d’opération, encore faut-il qu’on en parle, que les media fassent vivre l’événement comme une actualité. De ce point de vue, le déplacement à Dijon est un échec. A trop vouloir se positionner en anti-Sarkozy, le Président banalise ses sorties et oublie de donner du relief à son personnage public. Il n’a pas réussi à « créer l’événement ». Les media n’ont pas focalisé leur attention et donc celle des Français.
    • 2.Ensuite pour réussir une telle opération, il faut la préparer et préparer les Français à recevoir un message pour donner toute sa puissance à ce déplacement. Cela ne semble avoir été suffisamment préparé. Il a manqué un « teasing » autour de ce déplacement à la fois auprès des journalistes, mais aussi des Français. Par ailleurs, à l’heure des media instantanés (chaîne d’information continue, internet, twitter), le « off » du déplacement compte autant que le « on ». Les mesures du service de sécurité à l’encontre d’un militant d’extrême gauche ont été du coup autant médiatisées que les annonces du Président !
    • 3.Enfin, il n’a pas eu de chance. Et il en faut un peu, même quand on est Président de la République. Il semble décidément avoir un sérieux problème avec les conditions climatiques ; c’est la Neige qui cette fois lui a volé la vedette médiatique.

    Quoiqu’il en soit, ce type d’opération ne peut avoir des effets positifs que dans la durée et la répétition. Il faudra donc renouveler l’exercice durant les quatre prochaines années du mandat. Mais en attendant, il conviendra de veiller à ce que la normalisation de la fonction ne se transforme en banalisation de la communication.