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    01Mar2012
    En finir avec une gestion urgentiste de la précarité en hiver : la Fondation de l’Armée du Salut appelle à une révision du système hivernal

    VSC

    Mars est un mois particulièrement redouté des personnes en situation de grande précarité. La fin de la trêve hivernale, le 15 mars, sonne d’abord la reprise des expulsions locatives. Quelques jours plus tard, le 31 mars signe la fermeture définitive des places d’accueil hivernal d’urgence supplémentaires. Décidée dans le cadre du plan « grand froid », leur ouverture depuis novembre est notamment rendue possible grâce à l’action des associations et aux financements de l’Etat.

    Au début de l’hiver 2011, l’ouverture seulement partielle de ces places, du fait des températures clémentes, avait fait polémique. Leur fermeture ne doit pas, cette année, être passée sous silence. Elle révèle en effet l’absurdité d’un système que la Fondation de l’Armée du Salut tient ici à dénoncer.

    En toute saison, vivre dans la rue est inacceptable
    Si le froid rend l’opinion plus sensible aux problèmes des personnes sans domicile, aucune saison ne rend la vie dans la rue plus acceptable ou plus confortable.

    Le Collectif des Morts de la Rue le confirme. Les températures, quelles qu’elles soient, ne sont pas les premières causes de décès. L’usure de la rue, la solitude, la violence, les accidents, les pathologies non prises en charge et aggravées par des températures extrêmes (ex : maladies cardio-vasculaires, diabète, etc.) sont aussi importantes, voire plus, que les affections propres aux saisons (ex : hypothermie, déshydratation, insolation, etc.). « Le froid n’est finalement qu’une des causes de la mort des personnes sans domicile. Souvent « la goutte d’eau » pour des personnes déjà fragiles », selon Olivier Marguery, Directeur des Programmes Exclusion de la Fondation de l’Armée du Salut.

    La « logique d’insertion » devrait prévaloir sur celle de « mise à l’abri »
    La logique de « mise à l’abri » hivernale à l’oeuvre actuellement ne permet pas suffisamment d’accompagner les personnes accueillies vers la réinsertion.

    « Le travail social à faire avec les personnes qui sont accueillies dans l’urgence, souvent après de longues périodes de rue, est immense. Les premiers temps, il arrive qu’un résidant ne parvienne pas à dormir la nuit, qu’il garde l’habitude de marcher en continu ou préfère dormir à même le sol. La réinsertion de ces personnes passe, entre autres, par la dispense de soins nécessaires, la stabilisation de troubles psychiques pour certains, la construction d’un projet à long terme avec une recherche de logement, d’emploi ou de formation. Ce que nous ne pouvons pas faire en quelques semaines d’accueil », déplore Olivier Marguery.

    Les structures dédiées à la réinsertion telles que les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale ou pensions de famille étant saturées tout au long de l’année, plusieurs milliers de personnes en extrême précarité sont contraintes de retourner à la rue le 31 mars.

    Il est urgent de revoir un système économiquement irrationnel
    Le système actuel ne répond pas à une logique économique rationnelle dans la mesure où une place d’accueil d’urgence pour l’hiver est plus coûteuse pour la collectivité qu’une place d’accueil pérenne. Ce surcoût tient notamment à l’emploi de salariés en intérim et à l’utilisation de bâtiments qui ne sont pas toujours conçus pour l’hébergement et qui nécessitent donc souvent des aménagements spécifiques (ex : installation de douches, de machines à laver et de solutions de restauration). Dans la mesure où ces durées d’accueil ne permettent pas un accompagnement complet vers la réinsertion, c’est parfois le même travail auprès des mêmes personnes qu’il faut reprendre d’année en année, générant ainsi les mêmes dépenses.

    Offrir en toute saison les capacités d’accueil plus importantes de l’hiver, dans des structures dignes, pour une gestion humaine et rationnelle de la grande exclusion
    C’est sur la base de ces trois constats : vivre dans la rue est inacceptable toute l’année, la logique de « mise à l’abri » doit être bannie au profit d’une logique d’insertion, il s’agit d’un système irrationnel en termes de coûts, que la Fondation de l’Armée du Salut souhaite la pérennisation tout au long de l’année du nombre de places d’accueil mises à disposition dans le cadre de ce dispositif spécifique d’hiver. Cela ne signifie pas la pérennisation de l’accueil dans des structures jugées inadaptées telles que les gymnases, mais la pérennisation du nombre de places dans des structures d’accueil dignes et étudiées à cet effet. Cette proposition est la condition sine qua non pour que puisse se faire un réel accompagnement social en vue d’une possible réinsertion des personnes en difficulté.

    Cet hiver, grâce au plan hivernal, ce sont jusqu’à 820 personnes supplémentaires qui ont été accueillies dans des établissements gérés par la Fondation de l’Armée du Salut en plus des 3 200 places habituellement disponibles. Au cours de l’hiver 2011-2012, certains établissements ont vu leur capacité d’accueil augmenter. C’est notamment le cas des établissements de Mulhouse, de Marseille ou encore du Havre, tandis que d’autres lieux ont été aménagés spécifiquement à cet effet, comme notamment rue de la Mouzaïa à Paris.

    Selon l’article 4 de la loi DALO, les remises à la rue du 31 mars sont illégales dans la mesure où « toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. » Pour éviter le retour à la rue de ces personnes chaque 31 mars, la Fondation de l’Armée du Salut appelle les pouvoirs publics à maintenir, à l’année, le nombre de places d’accueil ouvertes cet hiver en France.

    Contacts Presse :
    Delphine Marques (Vae Solis Corporate) : 01 53 92 80 13 / delphine.marques@vae-solis.com Pierre-Baptiste Cordier (Fondation de l’Armée du Salut) : 06 34 19 43 50 / pcordier@armeedusalut.fr

    A propos de la Fondation de l’Armée du Salut En France, l’Armée du Salut est engagée depuis plus de 130 ans dans la lutte contre toutes les exclusions et pour l’intégration de tous dans la société. A travers plus de 120 établissements et services, sa Fondation lutte contre l’exclusion sociale, l’exclusion liée au handicap ou au grand âge et pour l’intégration des plus jeunes dans la société.

    Plus d’informations sur www.armeedusalut.fr

    01Mar2012
    En finir avec une gestion urgentiste de la précarité en hiver : la Fondation de l’Armée du Salut appelle à une révision du système hivernal

    VSC

    Mars est un mois particulièrement redouté des personnes en situation de grande précarité. La fin de la trêve hivernale, le 15 mars, sonne d’abord la reprise des expulsions locatives. Quelques jours plus tard, le 31 mars signe la fermeture définitive des places d’accueil hivernal d’urgence supplémentaires. Décidée dans le cadre du plan « grand froid », leur ouverture depuis novembre est notamment rendue possible grâce à l’action des associations et aux financements de l’Etat.

    Au début de l’hiver 2011, l’ouverture seulement partielle de ces places, du fait des températures clémentes, avait fait polémique. Leur fermeture ne doit pas, cette année, être passée sous silence. Elle révèle en effet l’absurdité d’un système que la Fondation de l’Armée du Salut tient ici à dénoncer.

    En toute saison, vivre dans la rue est inacceptable
    Si le froid rend l’opinion plus sensible aux problèmes des personnes sans domicile, aucune saison ne rend la vie dans la rue plus acceptable ou plus confortable.

    Le Collectif des Morts de la Rue le confirme. Les températures, quelles qu’elles soient, ne sont pas les premières causes de décès. L’usure de la rue, la solitude, la violence, les accidents, les pathologies non prises en charge et aggravées par des températures extrêmes (ex : maladies cardio-vasculaires, diabète, etc.) sont aussi importantes, voire plus, que les affections propres aux saisons (ex : hypothermie, déshydratation, insolation, etc.). « Le froid n’est finalement qu’une des causes de la mort des personnes sans domicile. Souvent « la goutte d’eau » pour des personnes déjà fragiles », selon Olivier Marguery, Directeur des Programmes Exclusion de la Fondation de l’Armée du Salut.

    La « logique d’insertion » devrait prévaloir sur celle de « mise à l’abri »
    La logique de « mise à l’abri » hivernale à l’oeuvre actuellement ne permet pas suffisamment d’accompagner les personnes accueillies vers la réinsertion.

    « Le travail social à faire avec les personnes qui sont accueillies dans l’urgence, souvent après de longues périodes de rue, est immense. Les premiers temps, il arrive qu’un résidant ne parvienne pas à dormir la nuit, qu’il garde l’habitude de marcher en continu ou préfère dormir à même le sol. La réinsertion de ces personnes passe, entre autres, par la dispense de soins nécessaires, la stabilisation de troubles psychiques pour certains, la construction d’un projet à long terme avec une recherche de logement, d’emploi ou de formation. Ce que nous ne pouvons pas faire en quelques semaines d’accueil », déplore Olivier Marguery.

    Les structures dédiées à la réinsertion telles que les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale ou pensions de famille étant saturées tout au long de l’année, plusieurs milliers de personnes en extrême précarité sont contraintes de retourner à la rue le 31 mars.

    Il est urgent de revoir un système économiquement irrationnel
    Le système actuel ne répond pas à une logique économique rationnelle dans la mesure où une place d’accueil d’urgence pour l’hiver est plus coûteuse pour la collectivité qu’une place d’accueil pérenne. Ce surcoût tient notamment à l’emploi de salariés en intérim et à l’utilisation de bâtiments qui ne sont pas toujours conçus pour l’hébergement et qui nécessitent donc souvent des aménagements spécifiques (ex : installation de douches, de machines à laver et de solutions de restauration). Dans la mesure où ces durées d’accueil ne permettent pas un accompagnement complet vers la réinsertion, c’est parfois le même travail auprès des mêmes personnes qu’il faut reprendre d’année en année, générant ainsi les mêmes dépenses.

    Offrir en toute saison les capacités d’accueil plus importantes de l’hiver, dans des structures dignes, pour une gestion humaine et rationnelle de la grande exclusion
    C’est sur la base de ces trois constats : vivre dans la rue est inacceptable toute l’année, la logique de « mise à l’abri » doit être bannie au profit d’une logique d’insertion, il s’agit d’un système irrationnel en termes de coûts, que la Fondation de l’Armée du Salut souhaite la pérennisation tout au long de l’année du nombre de places d’accueil mises à disposition dans le cadre de ce dispositif spécifique d’hiver. Cela ne signifie pas la pérennisation de l’accueil dans des structures jugées inadaptées telles que les gymnases, mais la pérennisation du nombre de places dans des structures d’accueil dignes et étudiées à cet effet. Cette proposition est la condition sine qua non pour que puisse se faire un réel accompagnement social en vue d’une possible réinsertion des personnes en difficulté.

    Cet hiver, grâce au plan hivernal, ce sont jusqu’à 820 personnes supplémentaires qui ont été accueillies dans des établissements gérés par la Fondation de l’Armée du Salut en plus des 3 200 places habituellement disponibles. Au cours de l’hiver 2011-2012, certains établissements ont vu leur capacité d’accueil augmenter. C’est notamment le cas des établissements de Mulhouse, de Marseille ou encore du Havre, tandis que d’autres lieux ont été aménagés spécifiquement à cet effet, comme notamment rue de la Mouzaïa à Paris.

    Selon l’article 4 de la loi DALO, les remises à la rue du 31 mars sont illégales dans la mesure où « toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. » Pour éviter le retour à la rue de ces personnes chaque 31 mars, la Fondation de l’Armée du Salut appelle les pouvoirs publics à maintenir, à l’année, le nombre de places d’accueil ouvertes cet hiver en France.

    Contacts Presse :
    Delphine Marques (Vae Solis Corporate) : 01 53 92 80 13 / delphine.marques@vae-solis.com Pierre-Baptiste Cordier (Fondation de l’Armée du Salut) : 06 34 19 43 50 / pcordier@armeedusalut.fr

    A propos de la Fondation de l’Armée du Salut En France, l’Armée du Salut est engagée depuis plus de 130 ans dans la lutte contre toutes les exclusions et pour l’intégration de tous dans la société. A travers plus de 120 établissements et services, sa Fondation lutte contre l’exclusion sociale, l’exclusion liée au handicap ou au grand âge et pour l’intégration des plus jeunes dans la société.

    Plus d’informations sur www.armeedusalut.fr