+33 1 53 92 80 00

    12Oct2011
    Les faux-semblants de féminisation et de rajeunissement du Sénat

    VSC

    Le 25 septembre, le Sénat est passé à gauche, évolution historique largement commentée jusqu’à attribuer à la nouvelle assemblée des qualités qui ne sont pas les siennes. D’un coup d’un seul, en changeant de majorité, le Sénat est apparu plus jeune, plus féminisé. Est-ce la tête du nouveau président, Jean-Pierre Bel, à l’allure plus enjouée, plus jeune que son prédécesseur Gérard Larcher ? Ou celle de Jean-Vincent Placé, 43 ans, le chef de file des sénateurs verts, omniprésent devant les caméras au lendemain de l’élection ?

    Et puis, pour la première fois, on a vu une femme, Catherine Tasca, affirmer sa volonté de se présenter à la présidence de la Chambre Haute. On s’est aussi aperçu qu’une autre sénatrice, Nicole Bricq pouvait parfaitement postuler à la présidence de la très puissante commission des Finances… Comme si en basculant à gauche, le Sénat était désormais devenu normal. Comme si la féminisation des instances était désormais acquise, à l’image des photographiées de Paris Match.

    Quel leurre ! Quelle cosmétique ! En réalité, ce n’est pas le cas. La place des femmes a même reculé. Elles ne sont plus que 77 sur 348 au lieu de 80 sur 343 précédemment. Trois de moins sur une base plus large. Sur les 170 sièges renouvelés, seuls 49 d’entre eux sont occupés par des femmes… Pourtant, lors du précédent scrutin, en 2008, le pourcentage de femmes avait progressé, de 18% à 22% ! Mais l’importance historique du basculement à gauche a éclipsé ce phénomène.

    « Une fois de plus, la parité passe à la trappe, s’est d’ailleurs ému le collectif Osez le féminisme. Les médias ont largement commenté le basculement à gauche de la Haute Assemblée, fait politique inédit depuis l’entrée en vigueur de la Ve République. Pourtant, il y a une révolution qui semble bien plus malaisée à réaliser : celle de la parité ». Seul les Verts ont réellement respecté la parité : cinq hommes, cinq femmes ! Quant à la moyenne d’âge, elle est passée de 62 ans en 2008 à 65 ans. Le nombre de sénateurs de plus de 71 ans est passé de 13 à 21% ! Quant au président, en dépit de sa silhouette fine il est à peine plus jeune que le président sortant : 59 ans contre 62 ans.

    Si ces évolutions sont passées inaperçues, c’est, bien sûr, en premier lieu, comme on l’a dit plus haut, parce que le changement de majorité était un événement historique, et que tout le reste en comparaison est devenu accessoire, mais c’est aussi parce qu’aucun groupe politique, aucune personnalité n’est monté en première ligne pour dénoncer cet état de fait. La droite et la gauche n’ont jamais été en pointe sur ces sujets. La droite venait de perdre. Quant à la gauche, elle célébrait sa victoire.

    12Oct2011
    Les faux-semblants de féminisation et de rajeunissement du Sénat

    VSC

    Le 25 septembre, le Sénat est passé à gauche, évolution historique largement commentée jusqu’à attribuer à la nouvelle assemblée des qualités qui ne sont pas les siennes. D’un coup d’un seul, en changeant de majorité, le Sénat est apparu plus jeune, plus féminisé. Est-ce la tête du nouveau président, Jean-Pierre Bel, à l’allure plus enjouée, plus jeune que son prédécesseur Gérard Larcher ? Ou celle de Jean-Vincent Placé, 43 ans, le chef de file des sénateurs verts, omniprésent devant les caméras au lendemain de l’élection ?

    Et puis, pour la première fois, on a vu une femme, Catherine Tasca, affirmer sa volonté de se présenter à la présidence de la Chambre Haute. On s’est aussi aperçu qu’une autre sénatrice, Nicole Bricq pouvait parfaitement postuler à la présidence de la très puissante commission des Finances… Comme si en basculant à gauche, le Sénat était désormais devenu normal. Comme si la féminisation des instances était désormais acquise, à l’image des photographiées de Paris Match.

    Quel leurre ! Quelle cosmétique ! En réalité, ce n’est pas le cas. La place des femmes a même reculé. Elles ne sont plus que 77 sur 348 au lieu de 80 sur 343 précédemment. Trois de moins sur une base plus large. Sur les 170 sièges renouvelés, seuls 49 d’entre eux sont occupés par des femmes… Pourtant, lors du précédent scrutin, en 2008, le pourcentage de femmes avait progressé, de 18% à 22% ! Mais l’importance historique du basculement à gauche a éclipsé ce phénomène.

    « Une fois de plus, la parité passe à la trappe, s’est d’ailleurs ému le collectif Osez le féminisme. Les médias ont largement commenté le basculement à gauche de la Haute Assemblée, fait politique inédit depuis l’entrée en vigueur de la Ve République. Pourtant, il y a une révolution qui semble bien plus malaisée à réaliser : celle de la parité ». Seul les Verts ont réellement respecté la parité : cinq hommes, cinq femmes ! Quant à la moyenne d’âge, elle est passée de 62 ans en 2008 à 65 ans. Le nombre de sénateurs de plus de 71 ans est passé de 13 à 21% ! Quant au président, en dépit de sa silhouette fine il est à peine plus jeune que le président sortant : 59 ans contre 62 ans.

    Si ces évolutions sont passées inaperçues, c’est, bien sûr, en premier lieu, comme on l’a dit plus haut, parce que le changement de majorité était un événement historique, et que tout le reste en comparaison est devenu accessoire, mais c’est aussi parce qu’aucun groupe politique, aucune personnalité n’est monté en première ligne pour dénoncer cet état de fait. La droite et la gauche n’ont jamais été en pointe sur ces sujets. La droite venait de perdre. Quant à la gauche, elle célébrait sa victoire.