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    09Juil2010
    Incompréhensible ! la communication de crise de l’Elysée…

    Admin VSC

    Cigares, location d’un jet privé lors d’un voyage aux Antilles et obtention illégale d’un permis de construire auront coûté à Christian Blanc et Alain Joyandet leur place au gouvernement. Les démissions surprises, dimanche 4 juillet, du Secrétaire d’Etat pour la Coopération et de celui du Grand Paris défrayent la chronique depuis le début de la semaine sur un fond d’affaire Woerth-Bettencourt loin d’être étouffée.

    « Utilisations abusives des deniers publics », ces comportements avaient été à plusieurs reprises qualifiés « d’inadmissibles » par Matignon. Le Président Nicolas Sarkozy avait lui aussi confié son irritation aux députés UMP. « Lynchage » pour Christian Blanc, cette péripétie n’en demeure pas moins généralement perçue par les relais d’opinion et l’opposition comme « un contre-feu », « un moyen de détourner l’attention, de calmer le jeu, de faire baisser la pression » sur un Ministre du Travail et trésorier de l’UMP accusé d’avoir un conflit d’intérêt majeur entre ses fonctions et l’activité professionnelle de sa femme.

    Démissions justifiées ou non, la communication autour de leur annonce serait-elle susceptible de porter préjudice à Eric Woerth ? Trop tard. L’Elysée aurait gagné à sanctionner ces comportements abusifs immédiatement après leurs révélations, évitant ainsi le développement de toute polémique et offrant au Président l’occasion médiatique de se présenter comme attentif à la morale publique. La passivité de l’exécutif lui fait perdre le contrôle du calendrier et de la crise. Le chef de l’Etat se voit, avec ces deux démissions, privé d’un rôle que les Français attendaient de lui.

    Trop tôt. Mauvais timing également quand on considère l’annonce faite par l’Elysée, quelques jours auparavant, d’un remaniement ministériel prévu pour l’automne prochain. Si la situation devient alors intenable pour les deux secrétaires d’Etat, affaiblis dans leur autorité face à une administration ou des partenaires qui supputent qu’ils quitteront le gouvernement à la rentrée, ces départs trahissent clairement une confusion au sein de l’exécutif et risquent de donner à ceux qui souhaitent le départ d’Eric Woerth plus de force et de détermination.

    Cette erreur souligne à quel point, dans une gestion de crise, l’immédiateté de la réaction est cruciale comme l’est la capacité à rester Maître des horloges. Mais l’exécutif n’en reste pas là. Il soutient son ministre sous prétexte de sauver la réformer des retraites ! Choix stratégiques hasardeux ! D’abord parce que la réforme des retraites peut parfaitement se faire sans Woerth. Ensuite, que fera le gouvernement si Woerth est obligé de démissionner ? Il aura tout seul fait et refermé le piège de l’échec !

    09Juil2010
    Incompréhensible ! la communication de crise de l’Elysée…

    Admin VSC

    Cigares, location d’un jet privé lors d’un voyage aux Antilles et obtention illégale d’un permis de construire auront coûté à Christian Blanc et Alain Joyandet leur place au gouvernement. Les démissions surprises, dimanche 4 juillet, du Secrétaire d’Etat pour la Coopération et de celui du Grand Paris défrayent la chronique depuis le début de la semaine sur un fond d’affaire Woerth-Bettencourt loin d’être étouffée.

    « Utilisations abusives des deniers publics », ces comportements avaient été à plusieurs reprises qualifiés « d’inadmissibles » par Matignon. Le Président Nicolas Sarkozy avait lui aussi confié son irritation aux députés UMP. « Lynchage » pour Christian Blanc, cette péripétie n’en demeure pas moins généralement perçue par les relais d’opinion et l’opposition comme « un contre-feu », « un moyen de détourner l’attention, de calmer le jeu, de faire baisser la pression » sur un Ministre du Travail et trésorier de l’UMP accusé d’avoir un conflit d’intérêt majeur entre ses fonctions et l’activité professionnelle de sa femme.

    Démissions justifiées ou non, la communication autour de leur annonce serait-elle susceptible de porter préjudice à Eric Woerth ? Trop tard. L’Elysée aurait gagné à sanctionner ces comportements abusifs immédiatement après leurs révélations, évitant ainsi le développement de toute polémique et offrant au Président l’occasion médiatique de se présenter comme attentif à la morale publique. La passivité de l’exécutif lui fait perdre le contrôle du calendrier et de la crise. Le chef de l’Etat se voit, avec ces deux démissions, privé d’un rôle que les Français attendaient de lui.

    Trop tôt. Mauvais timing également quand on considère l’annonce faite par l’Elysée, quelques jours auparavant, d’un remaniement ministériel prévu pour l’automne prochain. Si la situation devient alors intenable pour les deux secrétaires d’Etat, affaiblis dans leur autorité face à une administration ou des partenaires qui supputent qu’ils quitteront le gouvernement à la rentrée, ces départs trahissent clairement une confusion au sein de l’exécutif et risquent de donner à ceux qui souhaitent le départ d’Eric Woerth plus de force et de détermination.

    Cette erreur souligne à quel point, dans une gestion de crise, l’immédiateté de la réaction est cruciale comme l’est la capacité à rester Maître des horloges. Mais l’exécutif n’en reste pas là. Il soutient son ministre sous prétexte de sauver la réformer des retraites ! Choix stratégiques hasardeux ! D’abord parce que la réforme des retraites peut parfaitement se faire sans Woerth. Ensuite, que fera le gouvernement si Woerth est obligé de démissionner ? Il aura tout seul fait et refermé le piège de l’échec !