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    18Jan2010
    GRIPPE AH1N1 : tout à été dit… ou presque !

    Admin VSC

    Tout a été dit sur la gestion de la pandémie grippale AH1N1. Enfin presque tout. Deux sujets méritent qu’on y revienne :

    – Le rôle des experts

    – La mise en place du plan pandémie.

    • Le rôle des experts :

    Globalement les experts ont été très alarmistes. De l’OMS aux experts français on nous annonçait une pandémie foudroyante. Tout en nous disant que l’on ne savait pas grand-chose sur ce nouveau virus. D’où les mesures extrêmes mises en place en Europe et en particulier en France. Le principe de précaution étant devenu le paradigme de la gestion des risques il était urgent et obligatoire de mettre le paquet. Cette réaction des « experts » est compréhensible mais désolante. Quand on ne connaît pas une maladie ou un agent pathogène, la première des choses à faire est d’observer. Claude Bernard l’a clairement dit et écrit dans une méthode que personne ne remet en cause dans le monde scientifique.

    Or qu’a-t-on pu observer ? Que dans l’hémisphère Sud, qui a été touché lors de l’hiver austral, cette pandémie était loin d’être catastrophique alors qu’il s’agit de pays moins développés et que, bien sûr, il n’existait pas de vaccin. A tel point que les caméras thermiques mises en place à l’aéroport de Sydney ont détecté 3 ou 4 hyperthermies par mois !… Certes il y a eu quelques décès mais beaucoup moins que lors d’une épidémie saisonnière.Qu’on ne nous dise donc pas que c’est facile de raconter l’histoire après. On pouvait parfaitement raconter l’histoire pendant l’été (hiver austral) c’est-à-dire avant notre hiver.

    Deuxième argument des « experts » : le virus peut muter. Certes mais tous les virus mutent en permanence sans forcément avoir de graves conséquences. D’ailleurs nos « experts » de dire : « Même si le virus mute il restera sensible au vaccin ! ». Dernier argument : une deuxième vague de pandémie nous menace, bien plus forte que la première. Sauf, qu’on n’a rien vu de tel dans l’hémisphère Sud et qu’en plus de 30 ans d’observation de la grippe on ne l’a jamais constaté. Une fois de plus, il suffisait d’observer. Cela aurait permis de faire quelques économies.

    • La mise en place du plan pandémie :

    Ce plan pandémie existe depuis plusieurs années (grippe aviaire) et est régulièrement mis à jour par les différents ministères concernés. En ce qui concerne la grippe AH1N1 l’OMS était passé dès la fin de l’été en phase 6 c’est-à-dire, pour faire simple, au maximum de l’alerte. La France, plus raisonnable était restée en phase 5. Sauf que, poussé par les experts, le ministère de la Santé a mis en place un plan de « guerre ». Dans ce cadre, c’est le ministère de l’intérieur qui, selon le plan pandémique national, prend la main. On a vu le résultat : silence radio du ministre et désorganisation totale de la vaccination.

    6 millions de français ont fait une grippe apparente. Des études récentes montrent que 80 % des infections par ce virus ont été inapparentes. Ce qui signifie qu’au moins 30 millions de français sont immunisés contre cette grippe, sans compter les plus âgés qui ont connu la vague de 1957. Au total on peut penser que désormais la grande majorité des français est immunisée.

    Rappelons qu’au mieux 5 millions de français ont été vaccinés. Que nombre d’entre eux n’ont toujours pas reçu de bulletin de vaccination, à tel point que la ministre de la Santé a déclaré que l’on pouvait se faire vacciner sans ce sésame.

    Enfin dernier couac de la vaccination, les médecins généralistes, stupidement écartés dans un premier temps (la France, là aussi, s’est singularisée), ont été appelés à la rescousse. Sauf qu’on ne sait pas comment leur distribuer les vaccins qui sont dans les centres de vaccination…

    Changement d’instruction, changement de modalités… Les Français n’ont rien compris… si ce n’est peut être que la ministre voulait se protéger elle-même !

    • Et l’avenir ?

    Il n’est pas pour autant rassurant. La France a sur les bras des millions de doses dont elle ne sait que faire. Elle négocie avec les fabricants une « remise de peine ». Cela veut dire que l’on va s’engager à leur acheter du vaccin pendant des années. Ce vaccin sera-t-il efficace l’année prochaine ?

    Cette pandémie redoutable a fait moins de 300 morts. C’est regrettable mais c’est infiniment moins que les 5000 décès annuels de la grippe saisonnière. A ce jour les mesures mises en place ont coûté au moins trois fois le budget du plan cancer sur 4 ans !

    Le principe de précaution inscrit dans la Constitution précise que quand un risque n’est pas connu il convient de mettre en place des actions préventives… pour un coût raisonnable. Est-ce le cas ?

    Docteur Jean-Louis Malvy

    18Jan2010
    GRIPPE AH1N1 : tout à été dit… ou presque !

    Admin VSC

    Tout a été dit sur la gestion de la pandémie grippale AH1N1. Enfin presque tout. Deux sujets méritent qu’on y revienne :

    – Le rôle des experts

    – La mise en place du plan pandémie.

    • Le rôle des experts :

    Globalement les experts ont été très alarmistes. De l’OMS aux experts français on nous annonçait une pandémie foudroyante. Tout en nous disant que l’on ne savait pas grand-chose sur ce nouveau virus. D’où les mesures extrêmes mises en place en Europe et en particulier en France. Le principe de précaution étant devenu le paradigme de la gestion des risques il était urgent et obligatoire de mettre le paquet. Cette réaction des « experts » est compréhensible mais désolante. Quand on ne connaît pas une maladie ou un agent pathogène, la première des choses à faire est d’observer. Claude Bernard l’a clairement dit et écrit dans une méthode que personne ne remet en cause dans le monde scientifique.

    Or qu’a-t-on pu observer ? Que dans l’hémisphère Sud, qui a été touché lors de l’hiver austral, cette pandémie était loin d’être catastrophique alors qu’il s’agit de pays moins développés et que, bien sûr, il n’existait pas de vaccin. A tel point que les caméras thermiques mises en place à l’aéroport de Sydney ont détecté 3 ou 4 hyperthermies par mois !… Certes il y a eu quelques décès mais beaucoup moins que lors d’une épidémie saisonnière.Qu’on ne nous dise donc pas que c’est facile de raconter l’histoire après. On pouvait parfaitement raconter l’histoire pendant l’été (hiver austral) c’est-à-dire avant notre hiver.

    Deuxième argument des « experts » : le virus peut muter. Certes mais tous les virus mutent en permanence sans forcément avoir de graves conséquences. D’ailleurs nos « experts » de dire : « Même si le virus mute il restera sensible au vaccin ! ». Dernier argument : une deuxième vague de pandémie nous menace, bien plus forte que la première. Sauf, qu’on n’a rien vu de tel dans l’hémisphère Sud et qu’en plus de 30 ans d’observation de la grippe on ne l’a jamais constaté. Une fois de plus, il suffisait d’observer. Cela aurait permis de faire quelques économies.

    • La mise en place du plan pandémie :

    Ce plan pandémie existe depuis plusieurs années (grippe aviaire) et est régulièrement mis à jour par les différents ministères concernés. En ce qui concerne la grippe AH1N1 l’OMS était passé dès la fin de l’été en phase 6 c’est-à-dire, pour faire simple, au maximum de l’alerte. La France, plus raisonnable était restée en phase 5. Sauf que, poussé par les experts, le ministère de la Santé a mis en place un plan de « guerre ». Dans ce cadre, c’est le ministère de l’intérieur qui, selon le plan pandémique national, prend la main. On a vu le résultat : silence radio du ministre et désorganisation totale de la vaccination.

    6 millions de français ont fait une grippe apparente. Des études récentes montrent que 80 % des infections par ce virus ont été inapparentes. Ce qui signifie qu’au moins 30 millions de français sont immunisés contre cette grippe, sans compter les plus âgés qui ont connu la vague de 1957. Au total on peut penser que désormais la grande majorité des français est immunisée.

    Rappelons qu’au mieux 5 millions de français ont été vaccinés. Que nombre d’entre eux n’ont toujours pas reçu de bulletin de vaccination, à tel point que la ministre de la Santé a déclaré que l’on pouvait se faire vacciner sans ce sésame.

    Enfin dernier couac de la vaccination, les médecins généralistes, stupidement écartés dans un premier temps (la France, là aussi, s’est singularisée), ont été appelés à la rescousse. Sauf qu’on ne sait pas comment leur distribuer les vaccins qui sont dans les centres de vaccination…

    Changement d’instruction, changement de modalités… Les Français n’ont rien compris… si ce n’est peut être que la ministre voulait se protéger elle-même !

    • Et l’avenir ?

    Il n’est pas pour autant rassurant. La France a sur les bras des millions de doses dont elle ne sait que faire. Elle négocie avec les fabricants une « remise de peine ». Cela veut dire que l’on va s’engager à leur acheter du vaccin pendant des années. Ce vaccin sera-t-il efficace l’année prochaine ?

    Cette pandémie redoutable a fait moins de 300 morts. C’est regrettable mais c’est infiniment moins que les 5000 décès annuels de la grippe saisonnière. A ce jour les mesures mises en place ont coûté au moins trois fois le budget du plan cancer sur 4 ans !

    Le principe de précaution inscrit dans la Constitution précise que quand un risque n’est pas connu il convient de mettre en place des actions préventives… pour un coût raisonnable. Est-ce le cas ?

    Docteur Jean-Louis Malvy