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    08Oct2008
    Avocat & Communicant : mariage de raison

    Admin VSC

    Justice et communication deux mondes qui s’ignorent ? Il n’en est rien.

    Et l’actualité ne cesse de le démontrer. Ces deux mondes que tout semblait opposer se retrouvent de plus en plus main dans la main sur un terrain commun : la gestion de la réputation. Ainsi, quand Jérôme Kerviel entend changer de stratégie de défense, il change certes d’avocat… mais aussi de conseiller en communication. 

    On le sait, la médiatisation de la justice, des mises en examen, procès et autres procédures, est en cela « fatale » qu’elle porte toujours atteinte à l’image et à la réputation… invariablement destructrice, plus ou moins tenace, et quel qu’en soit le verdict. La justice passe et laisse des traces.

    Si les stratégies de défense judiciaire se sont doublées de stratégie de défense médiatique c’est que la sanction des tribunaux ne vaut pas sanction de l’opinion. Les avocats l’ont bien compris. Leurs clients aussi.

    La tendance atteint son paroxysme avec l’affaire de la Société Générale et de son trader « délinquant ». Livré par sa direction comme LE coupable les ressources humaines du groupe le présentent comme « un être fragile », « sans génie particulier », traversant des « difficultés familiales ». Le PDG Daniel Bouton peine à le qualifier lors d’une interview : « cet escroc, ce fraudeur, ce terroriste, je ne sais pas »… la traque médiatique est lancée.

    Très vite, l’avocate du Trader organise la contre-offensive. Objectif : réhabiliter son client ! Elle se fait accompagner d’un conseiller en communication (qui le fait savoir), pour orchestrer un retournement de tendance. Dénoncer les accusations de fuite, changer l’image de « délinquant trafiquant » en jeune trader respectable et séduisant… Témoignage et photos soignées à l’appui, l’opération fonctionne. L’opinion et les médias basculent, la direction de la banque s’ébranle, les responsabilités, les mises en cause et licenciements se multiplient. L’opinion change de camp et Kerviel, devenu « bouc-émissaire », suscite même l’empathie et la fascination. Sur le web notamment, où fleurissent des groupes de soutien, des forums de discussion, un fan club, la vente d’objets dérivés à sa « marque »… Bouton trinque, Kerviel se revend.

    Son nom opère aujourd’hui comme une marque et l’on ne s’étonne pas de lire dans les revues spécialisées que le trader change de la même manière d’avocat comme de conseiller en communication. Au-delà de l’affaire Kerviel, la tendance de fond est bien là. Communicants et avocats travaillent de plus en plus de concert à la protection ou à la restauration de l’image de leurs clients, qu’ils soient des individus en vue ou des personnes morales.

    08Oct2008
    Avocat & Communicant : mariage de raison

    Admin VSC

    Justice et communication deux mondes qui s’ignorent ? Il n’en est rien.

    Et l’actualité ne cesse de le démontrer. Ces deux mondes que tout semblait opposer se retrouvent de plus en plus main dans la main sur un terrain commun : la gestion de la réputation. Ainsi, quand Jérôme Kerviel entend changer de stratégie de défense, il change certes d’avocat… mais aussi de conseiller en communication. 

    On le sait, la médiatisation de la justice, des mises en examen, procès et autres procédures, est en cela « fatale » qu’elle porte toujours atteinte à l’image et à la réputation… invariablement destructrice, plus ou moins tenace, et quel qu’en soit le verdict. La justice passe et laisse des traces.

    Si les stratégies de défense judiciaire se sont doublées de stratégie de défense médiatique c’est que la sanction des tribunaux ne vaut pas sanction de l’opinion. Les avocats l’ont bien compris. Leurs clients aussi.

    La tendance atteint son paroxysme avec l’affaire de la Société Générale et de son trader « délinquant ». Livré par sa direction comme LE coupable les ressources humaines du groupe le présentent comme « un être fragile », « sans génie particulier », traversant des « difficultés familiales ». Le PDG Daniel Bouton peine à le qualifier lors d’une interview : « cet escroc, ce fraudeur, ce terroriste, je ne sais pas »… la traque médiatique est lancée.

    Très vite, l’avocate du Trader organise la contre-offensive. Objectif : réhabiliter son client ! Elle se fait accompagner d’un conseiller en communication (qui le fait savoir), pour orchestrer un retournement de tendance. Dénoncer les accusations de fuite, changer l’image de « délinquant trafiquant » en jeune trader respectable et séduisant… Témoignage et photos soignées à l’appui, l’opération fonctionne. L’opinion et les médias basculent, la direction de la banque s’ébranle, les responsabilités, les mises en cause et licenciements se multiplient. L’opinion change de camp et Kerviel, devenu « bouc-émissaire », suscite même l’empathie et la fascination. Sur le web notamment, où fleurissent des groupes de soutien, des forums de discussion, un fan club, la vente d’objets dérivés à sa « marque »… Bouton trinque, Kerviel se revend.

    Son nom opère aujourd’hui comme une marque et l’on ne s’étonne pas de lire dans les revues spécialisées que le trader change de la même manière d’avocat comme de conseiller en communication. Au-delà de l’affaire Kerviel, la tendance de fond est bien là. Communicants et avocats travaillent de plus en plus de concert à la protection ou à la restauration de l’image de leurs clients, qu’ils soient des individus en vue ou des personnes morales.