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    30Sep2008
    Crise financière (1) : Game Over, les dirigeants face aux risques

    Admin VSC

    Chacun commence à comprendre que la crise financière que nous traversons est sans précédent. La semaine du 15 septembre 2008 restera vraisemblablement dans les livres d’histoire comme celle où tout un système aurait pu s’effondrer. Mais la crise n’est pas finie ! Les effets et les conséquences à court terme vont encore nous surprendre, les conséquences à moyen terme pour l’économie seront réelles. Le temps de l’analyse et de la décision de réguler viendra.

    Pourtant, il n’est pas nécessaire d’attendre plus longtemps pour savoir que cette crise financière nous dit beaucoup sur le comportement face aux risques des dirigeants. Les dirigeants des entreprises les plus grandes et les plus prestigieuses du monde se sont comportés finalement comme presque tout le monde.

    Refus de croire à son exposition aux risques : nous sommes tous infaillibles et pourtant nous mourrons tous, il en va ainsi pour les hommes mais aussi pour les organisations. Les entreprises sont exposées à des risques quand bien même elles s’estiment intouchables, ou suffisamment importantes, compétentes, influentes, prestigieuses pour en réchapper.

    Refus d’anticiper les risques : cet aveuglement dispense de tout travail d’anticipation des risques, de tout recensement exhaustif et honnête des risques que les activités d’une entreprise génèrent. La croissance est là, les résultats aussi, les parts de marché doivent être gagnées. Ne jamais prendre le temps ou mettre les moyens d’estimer et d’évaluer les risques collatéraux que la croissance crée. Le doux rêve enfantin de l’immortalité est en réalité vécu par de nombreux dirigeants d’entreprises. Il a coûté la vie à Bear Stearn, Lehman Brothers et l’indépendance à AIG, Merril Lynch, Washington Mutual et probablement demain à d’autres entreprises européennes.

    Refus d’admettre ses fautes, ses erreurs, ses pertes est un syndrome bien connu. Y compris et surtout des joueurs et donc des financiers, notamment ceux dont l’activité est le jeu. Plus on perd, plus on tente de se refaire. Mais finalement lorsque des risques sont pris sans être connus ou assumés et que l’on s’en rend compte, le réflexe est souvent de poursuivre dans l’erreur. Cette crise financière a commencé en août 2007 et pour de nombreux expert du secteur elle n’était pas totalement une surprise. Mais ce n’est que 13 mois plus tard des entreprises sont mortellement touchées. Qu’ont-ils fait durant ces treize longs mois ? ! Pourquoi Lehman Brothers a obstinément refusé de trouver une solution de sauvegarde ?

    Trois attitudes bien banales pour les dirigeants d’entreprise, mais qui dans un contexte difficile impliquent un « Game Over ».

    30Sep2008
    Crise financière (1) : Game Over, les dirigeants face aux risques

    Admin VSC

    Chacun commence à comprendre que la crise financière que nous traversons est sans précédent. La semaine du 15 septembre 2008 restera vraisemblablement dans les livres d’histoire comme celle où tout un système aurait pu s’effondrer. Mais la crise n’est pas finie ! Les effets et les conséquences à court terme vont encore nous surprendre, les conséquences à moyen terme pour l’économie seront réelles. Le temps de l’analyse et de la décision de réguler viendra.

    Pourtant, il n’est pas nécessaire d’attendre plus longtemps pour savoir que cette crise financière nous dit beaucoup sur le comportement face aux risques des dirigeants. Les dirigeants des entreprises les plus grandes et les plus prestigieuses du monde se sont comportés finalement comme presque tout le monde.

    Refus de croire à son exposition aux risques : nous sommes tous infaillibles et pourtant nous mourrons tous, il en va ainsi pour les hommes mais aussi pour les organisations. Les entreprises sont exposées à des risques quand bien même elles s’estiment intouchables, ou suffisamment importantes, compétentes, influentes, prestigieuses pour en réchapper.

    Refus d’anticiper les risques : cet aveuglement dispense de tout travail d’anticipation des risques, de tout recensement exhaustif et honnête des risques que les activités d’une entreprise génèrent. La croissance est là, les résultats aussi, les parts de marché doivent être gagnées. Ne jamais prendre le temps ou mettre les moyens d’estimer et d’évaluer les risques collatéraux que la croissance crée. Le doux rêve enfantin de l’immortalité est en réalité vécu par de nombreux dirigeants d’entreprises. Il a coûté la vie à Bear Stearn, Lehman Brothers et l’indépendance à AIG, Merril Lynch, Washington Mutual et probablement demain à d’autres entreprises européennes.

    Refus d’admettre ses fautes, ses erreurs, ses pertes est un syndrome bien connu. Y compris et surtout des joueurs et donc des financiers, notamment ceux dont l’activité est le jeu. Plus on perd, plus on tente de se refaire. Mais finalement lorsque des risques sont pris sans être connus ou assumés et que l’on s’en rend compte, le réflexe est souvent de poursuivre dans l’erreur. Cette crise financière a commencé en août 2007 et pour de nombreux expert du secteur elle n’était pas totalement une surprise. Mais ce n’est que 13 mois plus tard des entreprises sont mortellement touchées. Qu’ont-ils fait durant ces treize longs mois ? ! Pourquoi Lehman Brothers a obstinément refusé de trouver une solution de sauvegarde ?

    Trois attitudes bien banales pour les dirigeants d’entreprise, mais qui dans un contexte difficile impliquent un « Game Over ».