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    08Fév2018
    Trois questions à Julien Candelon : « Mettre la communication au service de la promotion du rugby à VII »

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    Julien Candelon est un ancien joueur international de rugby à XV et à VII. Il est notamment passé par le Stade Toulousain, Narbonne et Perpignan, club avec lequel il a été champion de France du TOP 14 en 2009. Il est aujourd’hui chargé de mission pour la Fédération Française de Rugby (FFR) auprès de l’Equipe de France à VII, consultant pour la chaîne beIN SPORTS et consultant pour la société Nabu.

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    Vae Solis Corporate : Julien, vous avez commencé votre carrière professionnelle en 2003. Avez-vous constaté une place croissante de la communication dans le rugby ?

    Julien Candelon : En l’espace d’une quinzaine d’années, la communication a bouleversé le monde du sport et du rugby. Au début de ma carrière, les chaînes de télévision étaient présentes dans le vestiaire des joueurs, mais une fois fermé, il appartenait aux joueurs. C’était encore un endroit sacré et intime, où tout ce qui se disait restait secret. Rien ne sortait du groupe. L’arrivée progressive des caméras de télévision au plafond des vestiaires ont conduit les joueurs à se méfier et à changer leurs méthodes de communication, à anticiper et préparer leurs interventions médiatiques.

    Une mauvaise parole et tu fais la Une !

    Nous avions aussi à l’époque des relations de confiance avec les journalistes : une réaction à chaud un peu virulente après un match était tout à fait rattrapable par un coup de téléphone le soir. Cette connexion avec les journalistes est devenue rare, et le joueur ne peut plus se libérer. Une mauvaise parole et tu fais la Une ! Je trouve qu’on perd de la spontanéité, mais ce n’est pas propre au rugby. Si l’on regarde trois conférences de presse d’avant match dans trois sports différents, ce sont les mêmes questions et les mêmes réponses. On va dire que c’est l’époque qui veut ça. Mais ça évoluera.

    Vae Solis Corporate : Vous accompagnez l’équipe de France à VII pour la Fédération Française de Rugby depuis quelques mois. Dans votre rôle auprès de l’Equipe de France à VII, comment utilisez-vous la communication pour développer ce sport ?

    Julien Candelon : Le rugby est sans doute l’un des plus beaux sports collectifs qui existe, avec des valeurs d’engagement, de solidarité, de travail et de camaraderie. C’est sur ces valeurs que la communication de l’équipe de France à VII est construite et articulée. Par la diffusion de contenus digitaux qui mettent en avant les séances de travail de l’équipe, mais aussi leurs moments de partage, nous avons fait le choix d’une communication collective. Le but est aussi que ces contenus soient partagés par les joueurs de l’équipe : par cette démarche, on leur facilite le travail et ils peuvent ainsi se concentrer sur leur jeu ! C’est gagnant-gagnant.

    Nous souhaitons aussi mettre la communication au service de la promotion du rugby à VII. Ce sport n’est pas aussi connu que le rugby à XV, même si dans les îles françaises d’Outre-mer, nous observons une forte culture du VII. Nous pensons donc que c’est par l’ouverture que l’on attire les médias et que le sport se développe. On essaye de rendre accessible le groupe, pour que le public puisse y avoir accès, voir la façon dont il vit, etc. Cela marche plutôt bien. Les médias nationaux et internationaux nous ont identifié et les retombées correspondent à ce que le staff voulait mettre en avant : l’exigence que requiert ce sport, les sacrifices que les joueurs font au quotidien, etc.

    Les jeunes sont de plus en plus formés à la prise de parole en public

    Vae Solis Corporate : La jeune génération de rugbymen est-elle préparée à ces nouveaux enjeux de communication ?

    Julien Candelon : Dans un monde médiatique sans off et dans une course à la phrase choc, les clubs et autres fédérations ont pris conscience de l’importance de la communication : les jeunes sont dorénavant formés dès leur plus jeune âge à la prise de parole en public, notamment par des séances de média-training. Mais n’allons pas trop vite. Exposer nos pépites trop rapidement peut être dangereux : le bon sens et la prise de recul nécessaire à une bonne communication viennent avec l’expérience ! Les réseaux sociaux font aussi partie de ces accompagnements mis en place. S’ils peuvent être accélérateur de carrières, ils restent à maîtriser. Personnellement je m’y suis mis récemment, avec des objectifs bien précis. Mais les jeunes sont maintenant présents sur ces plateformes très tôt ! Je ne me fais pas soucis, puisque ce sont des outils générationnels.


    Propos reccueillis par Florian Ridard et Jawad Khatib, consultants Vae Solis Corporate

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