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    05Mar2018
    Décryptage des élections italiennes : pourquoi la France peut bénéficier de la situation de flou politico-économique en Europe

    blog_VSC

    Décryptage. C’est le moins qu’on puisse dire : les résultats des élections italiennes ne sont ni une surprise ni une bonne nouvelle, du moins pour les Italiens. A l’échelle de l’Europe, ils sont la dernière manifestation en date d’une tendance née il y a plusieurs années : désaffection pour l’idéal européen, morosité économique, perte d’influence au niveau international. Pour la France d’Emmanuel Macron, ces résultats peuvent achever de consacrer un retour au premier plan, en matière de politique, mais également en termes de communication.

    Photo : TWENTY20/@valerio.bedini

    Décryptage des élections italiennes


    Pour l’Italie, ces résultats ne sont pas une surprise, car le mode de scrutin – proportionnel mixte uninominal majoritaire à un tour – n’a pas l’ambition de faire émerger une ligne politique claire, mais s’inscrit au contraire dans la traditionnelle logique de coalition multipartite qui a fait les délices des commentateurs politiques des 50 dernières années.

    Ils ne sont pas non plus une bonne nouvelle pour les Italiens : avant même d’analyser la nouvelle donne politique issue de ces élections – succès des partis anti-européens et anti-système que sont La Ligue et le Mouvement 5 Etoiles – la répartition trop égale des votes suffit à imaginer les longues semaines de tractations qui s’ouvrent avant qu’un nouveau gouvernement ne soit formé et ne se mette au travail.

    Plus encore, ces résultats viennent détruire les espoirs de l’Italie, qui se remet avec difficulté de dix années de crise économique, de retrouver sa voix à l’échelle européenne et de sortir enfin du seul souci de sa propre politique intérieure. On constate une situation semblable en Allemagne, où Angela Merkel est sortie particulièrement affaiblie de la crise qu’elle vient de traverser. Là encore, les difficultés de politique intérieure risquent d’entraver la volonté du futur gouvernement allemand de se consacrer à la mise en œuvre du nouveau Traité de l’Elysée. L’objectif du texte était pourtant – entre autres – de relancer l’idéal européen en repartant de sa première cellule, à savoir le tandem franco-allemand. On évoquera encore moins le cas du Royaume-Uni, qui a de son côté tout simplement décidé de quitter l’aventure.

    Des vents favorables à la France ?


    La France reste donc seule debout, et les vents lui sont semble-t-il favorables. Dans le chantier de remise à plat de la localisation d’un certain nombre d’organismes européens dans le sillage du Brexit, par exemple, la France a remporté quelques victoires comme l’attribution à Paris du siège de l’Autorité Bancaire Européenne. Elle a bénéficié en 2017 d’une croissance à 2%, du jamais vu depuis 2011, portée par une hausse des exportations (+3,3%), le climat des affaires a retrouvé son niveau de début 2008, les investissements étrangers repartent à la hausse…

    Ces réussites sur le plan économique transforment la devise France is back, d’un positionnement de communiquant en réalité concrète, puis en évidence. A l’échelle du monde, cette devise est associée à une posture singulière, quasi-gaullienne sur le plan diplomatique, en trait d’union entre Chine et Etats-Unis, qui décuple encore l’influence de l’Hexagone et de ses dirigeants.

    Laissée seule en tête par ses voisins, trop occupés à démêler leurs problématiques internes – l’Italie ne fera pas exception – la France se pose comme seul interlocuteur à même de faire entendre la voix du Vieux Continent dans les milieux politiques et économiques internationaux, et remporte donc par forfait la bataille européenne de la communication.


    Ludovica Giobbe, consultante Vae Solis Corporate

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