Vae Solis : Actualités

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11 septembre 2009

Hortefeux : la double faute

Depuis jeudi 10 septembre à 17h, la polémique enfle et se propage à une vitesse déconcertante. La mise en ligne sur le site Internet du Monde de la vidéo montrant Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, aux universités d’été de l’UMP à Seignosse (le 5 septembre 2009) a lancé l’affaire.

Le Ministre est entouré de militants et de responsables politiques et tous échangent des propos sur le mode de la dérision et de la galéjade. Mais très vite un militant UMP, Amine, fait les frais de blagues de mauvais goût : « Il parle arabe, lui », « il mange du cochon et il boit de la bière » dit une femme. Et c’est là que le Ministre de l’Intérieur dérape : "Il ne correspond pas du tout au prototype" avant d'ajouter : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."

Si on peut reconnaître dans ces phrases des mauvaises blagues que beaucoup de français peuvent tenir un samedi entre amis, il faut bien admettre que les mêmes propos prononcés par un Ministre de l’Intérieur posent problème. La charge de Ministre impose des contraintes et des obligations ; elle suppose de respecter des règles essentielles, notamment en matière de communication. Et la première de ces règles est la qualité et le statut de l’émetteur ! Un ministre qui dit cela confère aux propos un sens qui n’est pas le même que celui de Monsieur Lambda ! C’est donc une faute professionnelle.

La seconde faute réside dans la réaction à la polémique et à la crise naissante – comme souvent dans le cas d’une crise, c’est sa gestion qui en fait une crise médiatique et d’opinion !

Le service de presse du Ministère publie un communiqué dans lequel il « dénonce une vaine et ridicule tentative de polémique ». Selon le texte, la phrase de Brice Hortefeux fait « référence aux très nombreux clichés qu'il venait de prendre avec la délégation auvergnate ». Le communiqué précise que « pas un seul mot de Brice Hortefeux ne fait référence à une origine ethnique supposée d'un jeune militant ».

Si l’on peut saluer l’extrême réactivité du service de presse du Ministre (c’est d’ailleurs le signe que la situation n’est pas si anodine qu’on veut nous le faire croire), l’argument fait fi du contexte où le militant d’origine maghrébine est bien au centre de la conversation, où il est précisé « qu’il parle arabe », « qu’il mange du cochon et qu’il boit de la bière » et enfin, par le Ministre lui-même, qu’il « ne correspond pas du tout au prototype » . A l’évidence, il est difficile de croire qu’il évoque ici le « prototype » auvergnat !

Le problème de cette ligne de défense est qu’elle ne peut pas être perçue comme crédible par l’opinion publique et qu’elle aura même tendance à être interprétée comme une indifférence coupable. Une argumentation ne peut pas donner l’impression de prendre les gens pour des idiots au risque qu’ils aient le sentiment qu’on insulte leur intelligence. D’autres réactions auraient été possibles !

Et voir la mobilisation immédiate des ténors du gouvernement affichant les uns les autres leur indignation face à une telle opération dite de déstabilisation… on peut s’interroger sur leur capacité empathique à entendre l’indignation et la déstabilisation de l’opinion !

Les heures qui viennent montreront si la gestion de ce dérapage en fera une crise médiatique majeure pour le Gouvernement – similaire à celle qui valu à un Préfet d’être sanctionné par le Ministre de l’Intérieur. C’est d’ailleurs là le troisième écueil possible : même cause, conséquence différenciée ; si bien formulé par Jean de La Fontaine : « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

08 septembre 2009

Vae Solis sur France 2 - Dimanche 13/09 à 13.15

Arnaud Dupui-Castérès interviendra dans le magazine de Laurent Delahousse, consacré au coaching politique. S'appuyant sur l'étude réalisée cette année par Vae Solis sur les communicants de la classe politique il livrera principaux enseignements et petits trucs....

voir le sujet :

[|http://13h15-le-samedi.france2.fr/index-fr.php?page=accueil&id_article=413|fr]

Coca Cola touché par une rumeur qui ne fait pas "Pschiiiit"

Depuis plus de deux ans, des rumeurs circulaient sur Internet concernant la présence des prétendues doses d’alcool dans breuvage centenaire provenant des usines d’Atlanta, siège social de la marque américaine. En effet, de nombreux sites internet ont diffusé l’information selon laquelle les produits de la marque contiennent une faible dose d’alcool et sont donc déclarés comme Haram (impure en arabe) et donc impropres à la consommation pour les musulmans pratiquants.

Tout d’abord prises à la légère par la direction mondiale de l’entreprise américaine, ces rumeurs n’ont cessé de croître sur le net, pour donner lieu en mai 2009 à un véritable appel au boycott notamment sur le très lu et respecté Al-Kanz, blog à la mode dans la communauté musulmane, et auprès d’une partie des autorités religieuses. Ce n’est qu’en mai dernier que cette rumeur a été prise au sérieux par la direction française de la marque, après une large diffusion de messages invitant à ne plus consommer ce produit, et une demande officielle de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis souhaitant avoir des explications sur ce sujet.

La direction française a, dès lors, multiplié les actions afin de faire taire la rumeur et rassurer les consommateurs :

  • Un appel à l’organisme de certification de la Mosquée de Paris, et la demande d’une analyse menée par un organisme indépendant garantissant l’absence d’alcool dans les boissons du géant américain.
  • Une mise à jour des éléments d’information désormais explicites sur l’absence totale d’alcool dans les produits de la marque sur son site internet.

Quelles leçons tirer de cet épisode ?

Premier enseignement, deux années de rumeurs sur Internet et un appel au boycott ont été nécessaires à Coca Cola pour réagir. La marque américaine, sûre de sa force et de sa notoriété, n’a pas souhaité réagir rapidement aux rumeurs qui la visaient. Même si les conséquences économiques de cet attentisme sont difficiles à prévoir, il est néanmoins curieux de voir poindre ce type de négligence de la part de grandes marques internationales, où un sentiment d’invulnérabilité semble exister (Coca avait déjà été touché avec des rumeurs sur le Coca Cola light en 2007, Masterfoods touché par la rumeur de présence de graisse animale en 2008). Ces rumeurs diffusées sur Internet, également appelée « Hoax », peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur n’importe quelle entreprise, elles nécessitent donc des ripostes adaptées et réfléchies. Les ignorer est une erreur majeure.

Second enseignement, ces marques pourtant les mieux « armées » et présentes sur l’ensemble de la planète semblent minorer les risques liés au développement d’Internet et des réseaux sociaux, espaces d’échanges d’informations entre consommateurs. Surveiller les « Hoax », voire les anticiper est donc une nouvelle obligation pour chaque entreprise, et la prise en compte de « l’opinion virtuelle», une nécessité. La « net opinion » existe belle et bien ; elle fait la preuve chaque jour de sa puissance.

L’ère de la web-vigilance a sonné, soyez prêts….

07 septembre 2009

Apple réinvente la communication de crise

Bercé tout au long de l'été par les crises sanitaires et économiques, on aura sans doute oublié un peu vite celle qu'a connue le groupe Apple à la fin du mois d’août. Boulimiques de crises, les médias français se sont goinfrés de la rocambolesque histoire des écrans d’Iphone français qui explosent.

Petit rappel des faits : le 12 août dernier, un jeune garçon s’est rendu célèbre pour avoir été le premier à constaté un bris de glace au niveau de l’écran du téléphone de sa petite amie. Dès le lendemain, les baigneurs de la Méditerranée découvrent en Une de La Provence la « victime ». Dès lors, à mesure que les médias s’emparent du sujet, d’autres cas sont repérés. LCI, France 3, France 5 et l’ensemble de la presse s’est emballé pour… 10 Iphones prétendument défaillants voire dangereux. Chiffre à mettre en regard des 26 millions d’unités vendues dans le monde dont 1, 2 en France !

Face à une telle crise médiatique, Bruxelles et la DGCCRF décident de mener l’enquête et Hervé Novelli de recevoir le directeur commercial d’Apple en France. Le communiqué de presse pour le moins succinct publié par Apple sept jours après le premier incident reste très vague sur ce « petit nombre d’incidents » et devant les demandes des journalistes Apple s’est confiné dans un mutisme presque dérangeant. Enfin, et c’est ici presque anecdotique, les enquêtes sont en passe de démontrer qu’il n’existe pas de risque à posséder un Iphone.

L’enseignement le plus frappant de cette crise a été l’absence de réactivité de la part de l’entreprise alors même que son blockbuster était directement mis en cause dans tous les médias français. Entre le 12 août et la rencontre avec le Secrétaire d’Etat Novelli le 28, Apple n’a pas semblé dérangée outre mesure… Pourtant, même en été, sept jours c’est une éternité dans un contexte de crise !

Deuxième enseignement, quand une entreprise est mise en cause sur un produit connu ou de grande consommation, les responsables politiques ne tardent pas à s’emparer du sujet. Ce n’est pas de l’opportunisme mais c’est pour répondre à l’attente de l’opinion publique. Pourquoi Apple a-t-elle jugé inutile de se mobiliser, d’elle-même ? Pourquoi attendre la contrainte politique ?

Troisième enseignement, la renommée et l’influence de la marque Apple est telle que ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui ont fait rempart face aux attaques des médias.

Face à la couverture médiatique traditionnelle, les fans d’Apple ont répondu blogs, comment et communication Web 2.0. Cette digue a tenu et soutenu le groupe pendant cette crise mais les manquements évidents de l’entreprise font craindre d’autres risques, malgré l’incroyable soutien dont bénéficie Apple en France et dans le monde (entreprise la plus attractive selon l’étude TNS Sofres de 2008 conduite auprès des étudiants en école de commerce et en écoles d’ingénieurs)

En refusant de communiquer sur l’histoire des Iphones français (rares cas en Belgique et en Angleterre), Apple a démontré qu’une marque mondiale et terriblement emblématique pouvait se défendre sans agir. Quand elle est menacée, une entreprise qui dispose de fortes valeurs peut compter sur une armada de consommateurs prêts à partir en croisade pour sauver la marque ; leur marque.

Aussi déconcertante que la communication du groupe puisse paraître, on est en mesure de se demander si Apple n’a pas délibérément choisi de laisser la blogosphère se démener seule, confirmant ainsi que le secret est érigée en valeur d’entreprise chez Apple. Si c’est le cas, Steve Jobs vient de donner à Clausewitz une belle leçon de stratégie : la meilleure défense n’est plus l’attaque ! Mais est-ce que cette stratégie tiendra lors de prochaines batailles ?

03 juin 2009

Ce n'est pas de publicité dont la politique a besoin... réponse à JS, MB, SF & Co 

Communiquer ne se résume pas à faire de la publicité n'en déplaise aux publicitaires d'hier, nostalgiques des années 80, où l’on se proposait de vendre aux Français un homme, une équipe, un projet, des idées, comme on vendait une savonnette !

Là aussi le système a changé. Là aussi des évolutions sont à l’œuvre. Là aussi l’opinion a mûri. Là aussi l’environnement n’est plus le même. Certes la publicité a son efficacité et son utilité. Mais elle ne peut pas être proposée comme LA solution à la désaffection de l’opinion. Il se peut au contraire qu’elle y contribue, creusant un peu plus le fossé de la relation entre gouvernants et gouvernés. Faisant des uns des « personnages » lissés et des autres de simples observateurs réduit à leur rôle de consommateurs.

Il est dangereux d’associer ou de vouloir limiter la communication à la publicité. Comme il est dangereux de vouloir limiter l’exercice de communication des politiques à une campagne publicitaire.

Les Français et la Politique méritent mieux qu’un message simpliste et une offre réduite au minimum : les formats publicitaires ne sont pas compatibles avec la complexité et la subtilité de « l’offre » politique. Non le marché des idées et de la gestion de la maison « France » n’est pas un marché comme les autres ! Et non la démarche politique ne peut pas gagner à être caricaturée en affiche de publicité.

Ce dont a besoin la politique c’est de communication au sens premier et complet du terme. Ce dont a besoin la politique c’est de mettre en commun, de partager… une vision, des valeurs, des propositions. Ce dont a besoin la politique, c’est sur le fond, d’information et de propositions ; et sur la forme, d’une incarnation et d’une relation. La publicité ne permet ni vraiment l’un, et seulement à moitié l’autre.

Nous l’avons mesuré très récemment (dans une récente étude sur la communication des personnalités politique Française1) : ceux qui réduisent leur stratégie de communication à des « coups » sans fond, qui multiplient le « people/paillette », qui misent plus sur la forme que sur le fond sont assez vite sanctionnés. La visibilité est importante mais elle n’a de sens que parce qu’elle permet de diffuser largement et lisiblement un contenu.

Ce dont a besoin la politique en général et la démocratie en particulier c’est de fond, de débat, public et médiatique. Pourquoi n’a-t-on pas vu fleurir les émissions politiques sur l’Europe, aux heures de grande écoute, dans des formats accessibles et pédagogiques, au moins sur nos services publics ?

Ce dont a besoin la politique c’est aussi de porte voix et d’engagement des uns et des autres. Certains diront que la tribune à 2 voix du Président Sarkozy et de la Chancelière Merkel constitue un coup de communication. Ils ont raison. Mais c’est un bon « coup », au sens où il respecte l’enjeu et ses interlocuteurs en leur livrant une analyse, une vision et une incarnation de ce qu’est et doit être l’Europe. Des messages et des images, des symboles tirés du réel et non pas factices : en son temps, la poignée de main Kohl-Mitterrand a fait bien plus pour donner du sens à l’Europe que toutes les campagnes de promotion.

Les stratégies marketing ou publicitaires fonctionnent sur un rapport quantitatif (évaluant l’efficacité du dispositif au « coût au contact » ou « GRP » (pour Groth rating point) qui mesure la couverture moyenne sur une cible donnée), quand les approches dites « hors média », comprenez où l’espace ne s’achètent pas, qu’il s’agisse des relations presse ou de l’internet par exemple, misent sur une couverture de l’opinion, certes plus aléatoire (quoi que l’on dispose d’outils d’évaluation et de mesure assez précis aussi) plus qualitatives et basées sur la conviction, l’argumentation (vs l’affirmation).

Qu’en est-il du ROI ou RSI en version française ? A comparer les 2 approches, il n’est pas certain que la différence sur la fin justifie les moyens investis. Quel crédit porte le lecteur d’une pleine page publicitaire achetée à prix d’or dans un quotidien national, quand il a pu lire juste avant et dans ce même quotidien un article de fond ? Qu’en reste-t-il au final ? Quel est l’impact sur le public ? Sans même parler d’appliquer une mesure d’ "équivalent achat d’espace" pour mesurer, comparer la seule visibilité de l’article comparativement à ce qu’aurait couté l’achat d’une publicité. Incomparable ! Les logiques et les investissements sont très différents.

A l’heure où nos systèmes s’interrogent et se refondent, conscients de leurs risques et de leurs limites, il est étonnant que des spécialistes de l’opinion ne prennent pas la mesure des changements à l’œuvre, appelant par facilité ou intérêt, à reproduire des schémas vieux de plus de 20 ans.

Le monde change. Et avec lui, les opinions publiques. Plus critiques, plus exigeantes, plus éclairées, plus émancipées, plus volatiles aussi… le marketing politique en vogue dans les années 80 a vécu. La communication politique doit aussi pouvoir se réinventer.

1 – La communication de la classe politique : qui sont les meilleurs communicants ? Étude exclusive Vae Solis Corporate – Mai 2009

18 mai 2009

Qui sont les meilleurs communicants de la classe politique ? Une étude exclusive Vae Solis...

Comment les journalistes politiques, observateurs éclairés et interlocuteurs privilégiés de nos responsables politiques, perçoivent-ils leur communication ? À titre personnel, à titre professionnel, sur le fond, sur la forme ; ce qu’ils aiment, ce qu’ils détestent ; leurs impressions, leurs analyses, leurs anecdotes…
Pour Vae Solis Corporate, ils sont 43 a avoir accordé du temps à cet exercice délicat et novateur. Sans langue de bois, venus d’horizons variés et exerçant dans des médias différents, ils ont accepté le jeu : commenter et noter « messages Â» et « style Â» d’une quarantaine d’hommes et de femmes politiques français.

Cette première expérience aux résultats savoureux – et parfois cruels – sur les « tics Â» et les « trucs », les attitudes et aptitudes de nos dirigeants en matière de communication, est parfois surprenante, souvent instructive, toujours intéressante.

Classement général, résultats détaillés, analyse et commentaires...
la synthèse de l'étude est disponible sur demande auprès de notre équipe : 01 53 92 80 00

Europe malade cherche spin doctor... Une analyse d'Antoine Boulay à lire dans La Tribune - 18 mai

ll faut rêver d'Europe. Tout y incite. A l'extérieur : la crise mondiale et ses conséquences, le renforcement continu de la Chine, l’inévitable perte d’influence de nos alliés américains, le retour des protectionnismes. A l’intérieur : l’euroscepticisme, la montée en puissance des populismes, le manque d’adhésion au projet européen de certains nouveaux pays. L’abstention aux futures élections risque d’atteindre des records. A 33% de participation seulement en moyenne selon les projections actuelles, qui pourra dire que les peuples soutiennent la construction européenne ?

Le rêve, en politique, surtout sur un objet si complexe, est rarement un produit naturel : il ne se décrète pas, il se travaille. Dans les grandes démocraties, c’est le rôle du « spin », de la communication politique. Le spin, c’est l’effet donné à une balle de tennis ou à une toupie. Le « spin doctor » donne au débat le bon « tour » littéralement. Comment donner le bon tour au débat sur l’Europe ?

L’Union en tant que telle n’a aucune stratégie de communication politique au niveau de chaque pays membre. La Commission ou le Parlement ne se donnent pas les moyens de participer aux débats politiques nationaux sur le sujet européen. Le Président de la Commission n’est pas doté d’une équipe de communication politique propre. Pas étonnant dans ce cas que les égoïsmes nationaux l’emportent le plus souvent dans l’occupation de l’espace médiatique. La dernière présidence française a pu agacer de ce point de vue, mais c’est bien un débat politique européen qu’a essayé de créer le Président de la République. Et quand, à nouveau, une part d’Europe semble en quelque sorte parler d’une seule voix par la bouche de la Chancelière allemande et du Président Français au G20, le cœur et l’esprit de millions d’Européens s’éveillent d’un espoir nouveau. Comment, donc, faire rêver d’Europe ? C’est très simple : il faut innover. Radicalement.

Les innovations pourraient certes concerner l’élection elle-même. Une idée volontairement iconoclaste aurait au moins le mérite de créer le débat : les électeurs qui se sont mobilisés davantage pourraient par exemple bénéficier d’une « prime démocratique ». Un pays ayant droit à 60 députés en enverrait à coup sûr 45, les 15 restants étant soumis au taux de participation. Un taux de 50%, et ce seraient seulement 52 députés qui représenteraient le pays en question à Bruxelles et Strasbourg… On objectera que cette réforme n’est pas constitutionnelle, qu’elle présenterait des difficultés inextricables de mise en œuvre. Mais le simple fait d’évoquer sa possibilité serait déjà un acte politique fort : la première controverse politique proprement européenne ! Autre idée neuve en France quoique déjà connue et déjà appliquée en Autriche ou au Royaume-Uni, passer du scrutin de liste au scrutin majoritaire sur des circonscriptions territoriales plus proches : rapprocher l’Europe des populations nécessite qu’elle soit incarnée par des figures politiques locales de poids. A l’évidence cependant, ces mesures, difficiles en elles-mêmes, ne pourraient cependant s’appliquer aux prochaines élections, trop rapprochées.
Plus frappantes encore, et immédiatement praticables, certaines initiatives s’imposent dès maintenant. D’abord et avant tout, les chefs d’Etats et de gouvernement doivent tenir des meetings communs dans les grandes capitales européennes, retransmis en direct à la radio, à la télévision et sur Internet, pour appeler solennellement les électeurs européens à voter. Et il ne s’agit pas seulement de réunions France-Allemagne comme c’est déjà prévu. Imaginons Gordon Brown, Jose-Luis Zapatero, Angela Merkel, Gordon Bajnai (Hongrie) et Nicolas Sarkozy, ensemble, à la tribune. L’espoir européen s’incarnerait enfin et soulèverait un enthousiasme totalement nouveau. De Londres à Varsovie, de Stockholm à Rome, de Madrid à Berlin, de Budapest à Lisbonne, ces « Meetings pour l’Europe » feraient date comme une rupture dans la communication politique de l’Union pays par pays.

Autre impératif à court terme : créer de vraies représentations permanentes de l’Union dans les Pays Membres, au lieu des antennes sans poids du Parlement et de la Commission. Pour ce faire, pas d’évolution institutionnelle notable, mais une révolution dans le recrutement, tout simplement : les pays membres regorgent d’anciennes personnalités politiques incontestables. Alain Juppé ou Hubert Védrine en France, Joshka Fisher en Allemagne, Pedro Solbes en Espagne etc. pourraient tous assumer cette fonction de « misi dominici » de l’Union et, au-delà des sujets techniques, défendre ses couleurs dans chaque arène politique nationale. Comment se plaindre que l’Europe ne soit pas entendue si elle n’a pas de voix ?

La Commission pourrait également convoquer régulièrement des Assises des Parlements d’Europe, regroupant l’ensemble des Chambres nationales et le Parlement Européen lui-même, pour avancer par exemple sur la question institutionnelle, les droits civiques, la réflexion prospective, etc. Là aussi, l’image symbolique de 20.000 parlementaires de tout le continent rassemblés permettrait une meilleure appropriation par les populations de l’Objet Politique Non Identifié qu’est l’Union, comme disait Jacques Delors.

Il faut en finir avec les délégations réduites et les débats d’antichambres : l’Europe a besoin de communication, de symboles, de rites, de cérémonies, de spectacle et de célébrations démocratiques, osons-le mot. Sans quoi c’est bien le spectacle de nos divisions et de nos démons nationaux qui l’emporteront durablement dans le cœur des Européens.

Si les dirigeants nationaux sont sincères quand ils s’inquiètent du risque de faible participation aux élections européennes, il est temps qu’ils mouillent leurs chemises, qu’ils prennent des risques, et qu’ils innovent… La communication politique, dans ce qu’elle a de plus noble, revient à incarner la démocratie contre tous les populismes. Bien sûr, les mauvais génies de George Bush et de Tony Blair, Karl Rove et Alastair Campbell, ont jeté le discrédit sur la figure du spin doctor… Mais une personnalité plus positive, celle de David Axelrod, créateur du « Yes we can" de Barack Obama, redore le blason de la discipline ! Il y a bon et mauvais spin, tout simplement. Il est temps, en Europe aussi, que le spin se mette au service du rêve… et permette le changement.

Antoine Boulay, Directeur Associé de Vae Solis Corporate

www.latribune.fr/opinions/20090518trib000377445/europe-malade-cherche-spin-doctor.html

30 avril 2009

Pandémie : entreprises, êtes-vous prêtes ?

Il y a 2 niveaux de risque à l'impréparation :

  • au niveau "micro" : panique et désorganisation au sein des entreprises
  • au niveau "macro" : aggravation des effets de la crise économique… ralentissement de l’activité globale

La France est divisée en 2 : public/privé, une préparation à double vitesse* LE SRAS et les craintes de Grippe Aviaire en 2005 ont débouché sur la préparation d’un Plan pandémie qui s’est concrétisé par une réelle préparation du secteur public : les institutions, les autorités, les entreprises publiques. La France est régulièrement considérée par l’OMS comme un des pays qui a la meilleure préparation du monde.



Dans le secteur privé la situation est toute différente.
« Il y a eu une sensibilisation, mais la mobilisation ne s’est pas suffisamment diffusée dans les entreprises qui n’ont pas anticipé et on voit aujourd’hui que nombre d’entre elles ne sont pas prêtes. Il y a un risque de désorganisation de la production » indique Arnaud Dupui-Castérès, président de Vae Solis Corporate.

Dans le privé, On observe 2 grandes typologies et degrés de préparation :

  • les grands groupes ou entreprises dites sensibles qui ont des PCA mais pas forcément de volet « pandémie Â» ;
  • les entreprises de taille moyenne et de type « services Â» peu sensibilisées aux risques opérationnels majeurs qui sont elles totalement démunies.


Aujourd’hui, nous ne pouvons pas exclure un passage en niveau 5B et en niveau 6 Cette situation aurait des conséquences sur l’activité des entreprises.

Quelques consignes sur ce qu’elles doivent d'ores et déjà faire :

  • anticiper l’absentéisme (malades réels ou juste du précaution individuelle, certains ne voudront plus se déplacer, les parents devront garder les enfants si les crèches et les écoles ferment). Il y a donc un risque important de désorganisation.
  • identifier les fonctions "vitales" de l’entreprise et organiser la permanence (volontariat, travail à distance)
  • informer sur les mesures d’organisation en mode dégradé et le dispositif sanitaire propre à l’entreprise
  • protéger les salariés : notamment par la mise à dispo de masques,….

11 mars 2009

Vae Solis Corporate recrute dans la haute fonction publique...

David-Anthony Delavoët arrive du ministère de l'Intérieur pour rejoindre Vae Solis en qualité de Directeur conseil

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10 mars 2009

Arnaud Dupui-Castérès était l'invité de Nicolas Doze dans les Grands Débats de BFM, lundi 9 mars

Arnaud Dupui-Castérès est venu commenter le rôle des cabinets de conseil en temps de crise - lundi 9 mars - 11h-12h sur BFM

Ecoutez l'émission : http://www.radiobfm.com/podcast/podcast.php?id=123

02 mars 2009

Vae Solis Corporate lance Radio 365, sa web radio sur la communication institutionnelle

En lançant sa web radio Radio 365, Vae Solis Corporate se dote d'un nouveau media et présente une nouvelle offre à destination de ses clients.

Radio 365, nouveau media du Cabinet Vae Solis, dans la continuité et complémentaire de sa revue annuelle 365°, propose débats, interviews et décryptages sur des problématiques de communication institutionnelle, en lien avec les activités du cabinet : la communication de crise, comment s’y préparer ? ; Lobbying : une société sous influence ? Internet et communication : quels usages pour les politiques, pour les entreprises ? Au total, un peu plus d’une heure de contenus, mixant analyses et points de vue d’experts, (dirigeants, journalistes, politiques et consultants du cabinet…), accessible depuis son site internet, www.vae-solis.com.

Conçue avec La Fabrique de contenus, la Web radio de Vae Solis est aussi le moyen de présenter ce dispositif d’information innovant aux clients du Cabinet.« Nous sommes convaincus que la web radio est un nouveau support pertinent à proposer aux entreprises soucieuses d’informer leurs équipes ou leurs clients. Il répond à la nécessité de disposer d’un outil capable de diffuser largement des messages, d’être très réactif et facile d’accès pour les organisations multi-sites. A l’évidence la radio offre plus de souplesse que les vecteurs papiers traditionnels ou les télés internes, plus lourdes en production, y compris en termes de coûts », explique Arnaud Dupui-Castérès, président de Vae Solis Corporate.



Le Cabinet, en s’associant à La Fabrique de contenus, se met en mesure de proposer à ses clients ce dispositif réactif d’information, à destination de l’ensemble de leurs parties prenantes.

« La radio est un média vivant et réactif et la communication 2.0 en fait le média d’entreprise par excellence. Dans un contexte économique tendu exigeant plus de transparence, la WebRadio se révèle comme vecteur de contenus à forte valeur ajoutée : en interne, pour renforcer la cohésion sociale et favoriser les conditions d’un véritable dialogue, avec une parole plus libre… En externe, c’est une formidable vitrine pour l’entreprise qui lui permet de développer des contenus variés, de parler d’elle, de ses valeurs et ses savoir-faire », souligne Michel Picot directeur de la Fabrique de Contenus.

18 février 2009

Notre analyse à lire dans Les Echos 17-02, Kouchner les limites d'une marque

Arnaud Dupui-Castérès, interviewé par Les Echos, commente la gestion de crise de Bernard Kouchner...

13 février 2009

La réputation de la marque Kouchner

Bernard Kouchner est un communicant hors pair ! On n'est pas dans le Top 3 des personnalités politiques préférées des français, et surtout on ne le reste pas depuis des années sans raison. Choix du positionnement des « bons sentiments », professionnel de la mise en scène, orateur brillant, personnalité sympathique, il avait tout bon… jusque récemment, où il nous surprend. Retours sur ses erreurs… de débutant !

Première « bourde », sa sortie sur le secrétariat d’état aux droits de l’homme, sur le fond : les droits de l’Homme ne sont pas compatibles avec la diplomatie !! (hiatus avec ce qu’il s’évertue de prouver depuis 40 ans) ; et sur la forme : la goujaterie est toujours sanctionnée. Réponse immédiate de l’opinion : Rama Yade lui ravit la première place du classement dans le cœur des Français !

Deuxième épisode fâcheux : les attaques livrées par Pierre Péan.

Plus dangereuse pour sa réputation, elles visent à abîmer / décrédibiliser la marque « Kouchner ». Dans cette situation, il y a trois principes clés à respecter : devenir le maître du tempo ; ciseler son argumentation ; jouer les alliés

Sur le premier point, il a perdu la bataille puisqu’il a été dans une logique de réaction et non d’anticipation. Il a laissé filer les rumeurs sur internet, il a laissé Marianne éditer les bonnes pages et trois jours après tous les media parleront du livre de Pierre Péan. Il court derrière les « révélations » et perd la bataille du temps. Bernard Kouchner a commis une erreur d’une banalité affligeante : ne pas reconnaître / admettre qu’il avait un point faible avec cette histoire de mission de conseil (la question n’est pas de savoir si c’est répréhensible ou pas, nous n’en savons rien, mais de comprendre que cela peut être interprété de manière très défavorable). Or, s’il avait été lucide, il aurait pu anticiper et communiquer en amont sur ce sujet, ce qui est très différent que de devoir faire face à un « scoop ».

Sur le second point, son argumentation est très faible (et c’est peu que de le dire !). Elle s’appuie essentiellement sur trois points :

  • « Je suis bénévole depuis 40 ans, comment peut-on me reprocher cela ? » Il faudra qu’il nous explique comment il peut alors habiter dans l’une des rues les plus chères de Paris et disposer d’une somptueuse villa dans le parc protégé et ultra chic de Spérone en Corse. Son train de vie n’est pas réellement compatible avec le bénévolat.
  • « Dans cette attaque dont je suis la victime, il y a des relents antisémites très marqués ». C’est un peu « l’ultime-argument-quand-je-n’ai-rien-à-dire » que je trouve dangereux et grave d’utiliser à mauvais escient, mais franchement rien dans le livre ne peut sérieusement accréditer cette affirmation et encore moins dans le parcours de l’auteur !
  • « Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges », posture qui expose toujours à devoir progressivement admettre tel ou tel point des « révélations », ce qui est la pire des choses dans une ligne de défense.

C’est d’autant plus curieux que la ligne de défense de Nicolas Sarkozy lors de son intervention télé du jeudi 5 février était pour le coup d’une grande finesse et d’une grande efficacité.

Sur le troisième point, « faire jouer les alliés », la marque « Kouchner » en a de très nombreux. Ils sont anciens et puissants et l’effet rempart joue pleinement. Le travail de longue haleine sert formidablement lorsque la marque est attaquée. Cette carte là est essentielle ; elle permet de contre-balancer l’impact des « révélations » ; d’en atténuer l’effet (de nombreux journalistes affirment que le Nouvel Observateur a refusé de publier les bonnes pages du livre de Pierre Péan). Dans le cas présent, la force des alliés, sera la seule raison qui pourra expliquer le maintien de Bernard Kouchner à son poste de ministre, si tel est le cas. Sans ces alliés, le Président de la République ne pourrait pas tenir très longtemps sur sa ligne actuelle, comme son prédécesseur a finalement dû lâcher Hervé Gaymard dont les alliés et soutiens étaient bien faibles.

Aujourd’hui, le risque est que le livre de Pierre Péan ait ouvert une boîte de pandore et que d’autres « révélations » ne surgissent. C’est généralement l’une des conséquences prévisibles de ce type de crise. Alors est-ce que le ministre continuera de courir derrière ou arrivera-t-il à maîtriser le fond et la forme ?

11 février 2009

Le dommage de « l'angoisse » ou la victoire de l'effet nocebo !

La boucle est bouclée ! L'irrationnel a pris le dessus depuis bien longtemps, les inquiétudes sont plus fortes que l’espérance d’un avenir meilleur. L’arrêt du 4 février rendu par la Cour d’appel de Versailles décidant le démontage d’une antenne relais dans le Rhône marque la fin d’un cycle entamé dans les années 80. Un cycle pervers que les nombreuses crises des deux dernières décennies ont intensifié : la défiance des autorités, la méfiance à l’égard des innovations, l’émergence d’acteurs nouveaux et sur-légitimés (les associations), le développement de la responsabilité sans faute, l’inquiétude toujours plus grande face à l’avenir, la prédominance des peurs, la constitutionnalisation du principe de précaution, renversement de la charge de la preuve etc.

L’enchaînement est parfait et aujourd’hui la Justice condamne une entreprise à payer des dommages et intérêts en raison du « sentiment d’angoisse ressenti Â» ; les plaignants sont dans une « crainte légitime, puisqu’ils ne peuvent se voir garantir une absence de risque sanitaire Â» !! « Ils précisent que si la réalisation du risque est hypothétique, la certitude de son existence, qui s’apprécie à la lumière de la controverse scientifique, suffit à créer un préjudice moral réparable chez la victime. Â» !!!

Si cette décision n’était pas absurde et grave, elle serait probablement le gag de l’année. Jusqu’où peut aller l’application du principe qui préside à cette décision ? Comment peut-on imaginer une justice qui se déconnecte autant de la raison, de la rationalité, de l’objectivité ? Quand les enfants attaqueront-ils en justice leurs mères ? Peut-on s’attendre à des «’class action’ Â» contre les media pour « sentiment d’angoisse ressentie Â» lors des innombrables catastrophes traitées dans les journaux télévisés ?

Sur l’objet de la décision, qui revient à considérer que les antennes-relais peuvent présenter un risque sanitaire, nous nous interrogeons sur la légitimité d’une association locale et d’une Cour d’appel sur leur capacité à avoir un avis sanitaire et s’affranchir de l’autorité scientifique ? Ce sujet mobilise des milliers de chercheurs dans le monde depuis des années et leurs nombreuses études ont montré qu’il n’y avait pas en l’état actuel des connaissances scientifiques de dangers pour la santé humaine. Bien évidement, les études scientifiques ne peuvent pas afficher des certitudes en disant : « il n’y a et il n’y aura jamais aucun risque sanitaire », pour la bonne et simple raison que la science ne peut jamais montrer qu’il n’y a aucun risque sanitaire. Elle peut montrer que l’usage ou l’exposition à un produit ou une onde n’ont pas d’effets dangereux sur la santé humaine. Des antennes de télécommunications bien plus puissantes existent depuis plus d’un demi-siècle sans avoir jamais suscité le moindre débat.

Sur le principe de la décision, qui érige l’angoisse - engendrée par des rumeurs, des inquiétudes, le militantisme actif d’opposants, le tapage médiatique de quelques associations - en douleur réparée, c’est une concrétisation sans fondement du principe de précaution.

Triste victoire qui donne un tour absurde à un principe important ; en le poussant à l’extrême c’est sa validité et la question de sa compatibilité avec la vie réelle qui est posée.

Est-ce le rôle de la justice de faire fi de l’état des connaissances scientifiques et de faire valoir les intérêts particuliers de quelques uns, de riverains (dont on sait que parfois ils ne recouvrent pas exactement les motifs publics de leur combat, voire même des intérêts avouables !) en reconnaissant un préjudice d’angoisse ? Non, bien sûr ! La dérive de la Cour d’Appel est ici stupéfiante et inquiétante, tant ses fondements sont ridicules et ses conséquences sont graves.

Heureusement qu’il y a suffisamment d’antennes-relais en France mais partout où elles seront démontées émergeront des « zones blanches Â» ; des zones où nos téléphones mobiles de passeront pas. Il faudra alors attendre que ceux qui n’ont rien d’autres qu’un téléphone mobile, que la famille d’une personne décédée parce que les secours n’auront pas pu être prévenus, que tout les utilisateurs frustrés du téléphone mobile se constituent en association pour réclamer à cors et à cris l’installation d’antenne-relais et mettent en place une class action pour « non assistance à personne en danger ».

Attention donc à l’extension du principe de précaution poussée à l’absurde par la Cour d’Appel de Versailles ! Il peut s’appliquer à de nombreuses situations et activités pour peu qu’elles aient les ingrédients nécessaires. L’effet nocebo (l’inverse de l’effet placebo) est une réalité qu’il faut prendre en considération ; il doit être traité par la pédagogie et par l’information et non par des sanctions judiciaires.

Seuls les pouvoirs publics et les plus hautes instances scientifiques indépendantes peuvent être crédibles dans ce travail pédagogique. Et ce, à un niveau national mais aussi international. La discrétion, pour ne pas dire plus, des autorités sanitaires françaises laisse le débat s’installer sur de fausses bases. Ce sont pourtant ces autorités qui édictent la réglementation et assurent la protection (sanitaire) de chaque citoyen.

10 février 2009

De la gêne née d'un raccourci

Le mardi 20 janvier 2009 restera marquée dans les esprits. L'investiture de Barack Obama, suivie par tous, était un moment historique. Parce que c'est le premier Président des Etats-Unis noir ?Certainement. Parce que les Etats-Unis auront toujours le don de nous surprendre ? Sans nul doute.

Si les commentateurs du monde entier ont glosé sur une prestation de serment erronée, les téléspectateurs français, eux, auront retenu le commentaire du journaliste de TF1, Jean Claude Narcy, lors de l’interprétation de l’hymne national par Aretha Franklin : "vous avez vu comme elle a interprété ça ! On devait chanter comme ça dans les champs de coton, dans le temps…" Rama Yade, présente à ses côtés, a eu la délicatesse de rectifier l’assertion en précisant que l’on chantait de cette façon dans les églises américaines.

Déjà remarqué pour différentes interventions douteuses (on se souviendra longtemps de ses commentaires lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football de 1998 avec son compère Charles Villeneuve), Jean-Claude Narcy a ici fait une remarque que d’aucuns pourraient qualifier de raciste. La Ligue des Droits de l'Homme l'avait d’ailleurs immédiatement pointé du doigt et évoqué un dérapage, tandis que le CRAN affirmait que « les remarques de ce genre ne grandissent pas ceux qui les font ».

Afin de se justifier, le journaliste a déclaré dans les colonnes du Parisien : « c’est la surprise, énorme, pour moi cette polémique. Mes deux fils, eux, ont été blessés, contrariés. Ils savent que je leur ai appris la diversité, le respect, je leur ai fait lire « la Case de l’oncle Tom », comme à mes petits-enfants. J’ai une culture littéraire américaine qui est à l’opposé complet de ces idées de racisme. Quand je parle des champs de coton, c’est comme quand Obama lui-même évoque l’époque où son père n’aurait pas été servi, ici en Amérique, dans un restaurant… Ce sont des références historiques. Je croyais être dans la tonalité de cette cérémonie." Il le croyait…Loin de l’excuser, sa justification ne fait que l’enfoncer. La case de l’oncle Tom ? Et pourquoi ne pas citer « Autant en emporte le vent » comme film de chevet ?

Jean-Claude Narcy devrait peut-être mettre en pratique un principe que l’on enseigne en média-training  et à l’école primaire : préparer ses interventions, ou «tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler » !

03 février 2009

Comment vendre les destinations touristiques à risques ?

Arnaud Dupui-Castérès livre son analyse et son expérience de la communication touristique de crise...

A lire dans Les Echos du 3 février

21 janvier 2009

Vae Solis Corporate acquiert le site internet gestiondecrise.com

Pour renforcer son offre et répondre aux besoins des entreprises et des institutions en prévention des risques et gestion de crise, Vae Solis Corporate acquiert le site gestiondecrise.com

Vae Solis Corporate, cabinet de conseil en stratégie d’information corporate et en gestion de crise, fait l’acquisition du site internet gestiondecrise.com, site d’information du cabinet de conseil MGVM. En disposant d’un site dédié à ses activités de prévention des risques et gestion de crise (procédure, formation, gestion et communication), Vae Solis Corporate entend ainsi conforter son activité et répondre aux besoins grandissants des entreprises et des institutions. « Nous faisons de la gestion de crise depuis 10 ans. Nous accompagnons des entreprises et des institutions dans la mise en place de leur process et dans la gestion de situations sensibles. C’est un outil d’information et de sensibilisation nécessaire car les dirigeants français sont moins mobilisés que leurs homologues européens et nord-américains à cet enjeu. De son côté, le gouvernement mène une action de sensibilisation bienvenue et nous voulons contribuer à ce mouvement. », commente Arnaud Dupui-Castérès, président de Vae Solis.

19 janvier 2009

Arnaud Dupui-Castérès commente le style Obama pour "Goûts de luxe" sur BFM

Consacré au style Barack Obama, l'émission du 17 janvier d'Emmanuel Rubin et Karine Vergniol, recevait Arnaud Dupui-Castérès venu livré sa vision du style Obama, du verbal au non verbal... retour sur le charisme du nouveau président américain.

Ecouter son intervention (vers 14') :
http://www.radiobfm.com/emission.php?id=17

26 décembre 2008

Presse - Une initiative salutaire

Il n'est pas courant que les media prenne une initiative les remettant en cause. Elle est ici salutaire. La Tribune du 24 décembre a décidé d’éditer son numéro du jour sans jamais utiliser le mot "crise", après un pic d’occurrence de 984 fois (!!) en octobre 2008.

Evidement un quotidien d’information relate l’actualité. Et il n'aura échappé à personne que la finance traverse une crise immense. Le directeur de la rédaction, Erik Izraelewicz reconnaît que les media ont joué, dans une certaine mesure, un rôle d’amplificateur et d’accélérateur en souhaitant que le même effet joue lorsque les bonnes nouvelles arriveront.

Espérons que cela ne soit un vœu pieux ! Les bonnes nouvelles dans les journaux sont rares. Et en creusant un peu, nous aurions pu en lire quelques unes ces dernières semaines. Si cela n’a pas été le cas, la raison en est simple : informer, c’est intéresser. C’est donc aux entreprises de réussir à intéresser les lecteurs, et les journalistes, y compris sur les « bonnes nouvelles » les concernant… La confiance ne se décrète pas, elle se gagne.

Mais surtout, cette initiative doit aussi permettre de souligner une vérité première, en matière de communication de crise. Si parler de la crise, peut concrétiser ou aggraver une crise, cela ne veut surtout pas dire qu’il ne faille pas en parler. Enfouir la tête dans le sable est souvent la meilleure manière de s’enliser…

La bonne solution est comme souvent dans la recherche de l’équilibre et dans l’anticipation. En parler trop ou ne pas en parler finalement cela revient au même. Il faut savoir aborder les crises comme une donnée probable et réaliste, savoir s’y préparer pour y faire face et surtout savoir les expliquer.

En tous cas, si La Tribune persiste dans cette résolution en 2009, elle y gagnera des lecteurs, et une confiance toujours plus grande des acteurs économiques.

16 décembre 2008

Observatoire de la Ville - 3ème débat et enquête sur le développement durable et la région Capitale...

Pour la troisième année consécutive, Vae Solis Corporate a organisé pour Bouygues Immobilier le désormais traditionnel et très attendu colloque de l'Observatoire de la Ville.

Cette année, experts et élus, réunis à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, ont débattu autour du thème suivant : « Peut-on faire du développement durable un levier d’attractivité de la Région Capitale ? »

L’occasion pour l’Observatoire de la Ville de présenter les résultats d’un sondage commandé par Bouygues Immobilier, fondateur de l’Observatoire, sur le thème : « Jusqu’où les Franciliens sont-ils prêts à aller en matière de développement durable ? »

Pour en savoir plus et consulter tous les résultats du sondage TNS-Sofres : www.observatoiredelaville.com

Pour toute information complémentaire : Jérémy Seeman - Vae Solis - tél. 01 53 92 80 24

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